Chapitre 12 : Maman
- Marie Tariot Brg
- 18 févr. 2015
- 3 min de lecture

L'atmosphère qui avait envahie la maison était des plus étrange, lourde.
Soit, ce cocon familial n'était jamais très agité puisqu'ils ne vivaient qu'à trois et que quand ils partageaient un moment ensemble c'était dans un silence mort tant ils étaient fatigués de leurs journée.
Mais là, c'était différent. Tout était différent, et par dessus l'attitude de sa mère.
La femme froide, inébranlable qu'elle était avait laissait glissé son émotion dans sa voix lorsqu'elle avait prononcé ces derniers mots. De l'inquiétude, pire : de la peur, de la terreur même. Elle avait vibré et avait prit un certain tournant dramatique.
Ce qui laissait une Emma des plus perplexe, surprise. Aucun événement dont elle se souvenait n'avait procuré un tel ton à sa mère. Jamais elle n'avait entendu quelque chose de si..blessant dans sa voix.
Oui, car quand elle s'était presque écrié d'un ton qui avait l'air à la fois suppliant, accusateur mais surtout terrifié, Emma avait reçu comme un coup d'aiguille directement dans le cœur.
Et le silence qui s'en était suivit n'avait rien aidé, son père n'avait rien répondu qui aurait pu l'aider à comprendre.
Elle ne pouvait malheureusement pas les voir de là où elle était, elle aurait voulu voir l'expression de Jack. Était-il surpris, compatissant, ou indifférent ? Emma aurait voulu savoir car cela lui aurait peut-être mit du bôme au cœur, l'aurait soulagée et même aidé à mieux comprendre, mais avant qu'elle ne puisse s'y attarder, des pas se firent entendre.
Elle se précipita alors dans sa chambre, prenant garde de ne pas faire trop de bruit et s'élança comme elle était, habillée dans son lit.
Elle s'y engouffra et fit mine de dormir, ce qu'elle était sensé faire à cette heure-ci. Mais alors qu'elle mettait tout son âme à l'œuvre, elle se rendit compte avec horreur d'avoir laissé la lumière allumée. "Imbécile" se plaint t-elle intérieurement.
Oui, jouer à ce jeu là à son âge était assez..triste ? Mais que voulez vous, c'était un automate ! Et puis si ces parents avaient tenu à ce qu'elle entende leur conversation, ils ne l'auraient pas eu dans le salon pendant qu'elle aurait du être dans les bras de Morphée depuis longtemps.
Peut-être se serait-elle moins trouvé ridicule si son jeu de gamin avait mieux marché qu'un enfant ! Mais je l'avais dit, il lui arrivait d'être distraire.
Elle s'insultait encore quand les pas arrivèrent à l'étage, se faisant plus lent. L'ombre passa devant sa porte et continua son chemin. Mais alors qu'elle se croyait tiré d'affaire, elle cru entendre une nouvelle fois des pas s'approcher. Et ce n'était pas qu'une impression puisqu'une ombre surgit sous sa porte, s'y arrêtant.
Son cœur rata un battement : c'est pas vrai ! Elle aurait voulu ouvrir grand la porte et criée à celui en face qu'il ne faut jamais revenir en arrière mais elle contenta d'enfiler son costume d'actrice.
C'était tellement simple pour elle, elle l'avait fait tellement de fois, qu'elle n'avait même pas peur de rater son manège.
Il suffisait de garder un rythme de cœur régulier, un air détendu ou du moins neutre sur le visage et de pousser des soupirs de temps à autre. Rien de compliqué !
La porte s'ouvrit doucement, comme si la personne qui appuyait sur la poignée était craintive, et peu après elle sentit un point lourd sur sa couette.
Si elle aurait pu, elle aurait fronçé les sourcils lorsqu'une odeur de coquelicot ( oui le coquelicot a une odeur, difficile à dicerner mais existante ) vint effleurer ses narines. Puis, le poids sur son lit s'intensifia, suivis d'un frôlement.
Elle pouvait entendre la respiration saccadée de son parent, elle aurait même juré l'entendre renifler.
Elle sentit des mains chaudes de poser sur son visage, le caressant et s'en suivi un baiser sur son front.
Emma était maintenant sûre de la présence de sa mère et elle fut plus encore lorsqu'elle chuchota, d'une voix cassante, après avoir éteint la lumière : "- Emmy.. Toi, ne me laisses pas.."























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